2002-2007

Climat de respect

29 mars 2007 • Par

Les évènements survenus en Gare du Nord à Paris avant-hier soir, agitent l’actualité. Evidemment, il n’est pas question de soutenir les fraudeurs ni les casseurs. Je me garderai bien aussi d’entrer dans le détail d’une affaire pour laquelle les témoignages sont aussi nombreux que variés et contradictoires. Mais ce qui me paraît aberrant, c’est qu’un banal contrôle de titre de transport puisse dégénérer d’une telle manière ! Cela me paraît significatif de l’état de tension latent qui traverse notre société… la moindre étincelle peut allumer un feu qui peut s’avérer rapidement difficile à maîtriser. Evidemment il ne faut pas faire comme si rien ne s’était passé, fermer les yeux, chercher des excuses. Mais je ne suis pas plus convaincu que la réponse passe par le tout sécuritaire. Je ne suis pas sûr non plus qu’on puisse calmer la situation avec des paroles qui dressent certaines catégories de populations contre les autres. Il y a un vrai besoin dans notre société : une soif de respect. Tout le monde se plaint du manque de respect des uns à l’égard des autres. Et c’est aux responsables politiques de donner l’exemple : respect pour les conditions de vie des hommes et des femmes qui vivent dans les quartiers populaires, pour les professeurs, pour les fonctionnaires de police ou de justice. Si des hommes ou des femmes politiques se laissent aller à la facilité de mettre en accusation les professeurs, les forces de police, la justice, les habitants des banlieues, comment voulez vous que le reste de la société ait pour ces derniers de la considération ? Et la campagne électorale n’arrange rien. Dans ce climat de tension, François Bayrou déclarait hier vouloir être un Président qui rassure et apaise pour que les Français avancent ensemble. Ça ne veut pas dire qu’il faut tout excuser. Ça n’empêche pas la fermeté. On peut même être d’autant plus ferme qu’on respecte l’autre. Moi, je souhaite que demain nous ayons des fonctionnaires de la police nationale ou de l’éducation nationale respectés parce qu’ils exercent des métiers difficiles. Je souhaite que nous ayons des jeunes issus des quartiers populaires respectés parce qu’ils font l’effort de travailler, d’obtenir des diplômes, de monter des projets associatifs, pour s’en sortir. Et je veux que les gens « sans histoires » soient respectés parce que le fruit de leur travail, l’argent de leurs impôts, sert à faire fonctionner des services publics qui donnent des résultats. C’est facile de jeter de l’huile sur le feu, mais il n’empêche que demain, tous ces gens si différents que nous croisons tous les jours dans nos villes, il faudra les faire vivre ensemble, dans un climat de respect. Respect des différences comme des règles qui permettent justement de vivre en société.