Climat de respect

Les évènements survenus en Gare du Nord à Paris avant-hier soir, agitent l’actualité. Evidemment, il n’est pas question de soutenir les fraudeurs ni les casseurs. Je me garderai bien aussi d’entrer dans le détail d’une affaire pour laquelle les témoignages sont aussi nombreux que variés et contradictoires. Mais ce qui me paraît aberrant, c’est qu’un banal contrôle de titre de transport puisse dégénérer d’une telle manière ! Cela me paraît significatif de l’état de tension latent qui traverse notre société… la moindre étincelle peut allumer un feu qui peut s’avérer rapidement difficile à maîtriser. Evidemment il ne faut pas faire comme si rien ne s’était passé, fermer les yeux, chercher des excuses. Mais je ne suis pas plus convaincu que la réponse passe par le tout sécuritaire. Je ne suis pas sûr non plus qu’on puisse calmer la situation avec des paroles qui dressent certaines catégories de populations contre les autres. Il y a un vrai besoin dans notre société : une soif de respect. Tout le monde se plaint du manque de respect des uns à l’égard des autres. Et c’est aux responsables politiques de donner l’exemple : respect pour les conditions de vie des hommes et des femmes qui vivent dans les quartiers populaires, pour les professeurs, pour les fonctionnaires de police ou de justice. Si des hommes ou des femmes politiques se laissent aller à la facilité de mettre en accusation les professeurs, les forces de police, la justice, les habitants des banlieues, comment voulez vous que le reste de la société ait pour ces derniers de la considération ? Et la campagne électorale n’arrange rien. Dans ce climat de tension, François Bayrou déclarait hier vouloir être un Président qui rassure et apaise pour que les Français avancent ensemble. Ça ne veut pas dire qu’il faut tout excuser. Ça n’empêche pas la fermeté. On peut même être d’autant plus ferme qu’on respecte l’autre. Moi, je souhaite que demain nous ayons des fonctionnaires de la police nationale ou de l’éducation nationale respectés parce qu’ils exercent des métiers difficiles. Je souhaite que nous ayons des jeunes issus des quartiers populaires respectés parce qu’ils font l’effort de travailler, d’obtenir des diplômes, de monter des projets associatifs, pour s’en sortir. Et je veux que les gens « sans histoires » soient respectés parce que le fruit de leur travail, l’argent de leurs impôts, sert à faire fonctionner des services publics qui donnent des résultats. C’est facile de jeter de l’huile sur le feu, mais il n’empêche que demain, tous ces gens si différents que nous croisons tous les jours dans nos villes, il faudra les faire vivre ensemble, dans un climat de respect. Respect des différences comme des règles qui permettent justement de vivre en société.

2 Commentaires

  1. Il faut effectivement réinstituer le respect pour tous ceux qui mettent toute leur énergie à apporter l’éducation, la sécurité dans les quartiers.
    beaucoup de prof en quartiers dits “sensibles” se donnent à fond pour que leurs élèves reçoivent non seulement l’enseignement auquel ils ont droit mais aussi l’apprentissage du respect.
    Nous avons aussi beaucoup perdu avec la suppression de la police de proximité qui avait su nouer un dialogue avec la population et se faire respecter.
    en tous les cas, il est urgent de refaire de la “proximité”, de réinstaller la confiance, que les habitants soient respectés avec leurs différences et leurs richesses.
    Je suis heureuse de l’union des bonnes volontés que prône Francis Vercamer et l’UDF car aujourd’hui, il faut oublier les états d’âme et s’unir pour nos enfants notamment.

  2. Vous avez raison, le respect est la base de tous. Et comme vous le dites, ce respect doit être perceptible à tous les niveaux et particulièrement entre tous les niveaux de notre société.
    Mon épouse est enseignante dans une école dite “difficile” de Roubaix. Et bien, malgrè ce milieu “difficile”,les résultats obtenus sont en nette progressions par rapport aux années précédentes. Ceci est principalement dû à une équipe d’enseignants motivés et surtout motivantes. En effet, une des devise introduite en début d’année est, les droits, mais surtout, les devoirs des enfants. Et parmis ces “devoirs”, le respect figure en première ligne.
    Et ce respect, ce n’est pas uniquement respecter son professeur, c’est également respecter ses camarades, faire des différences de chacuns, de part leurs origines, un tremplin vers la connaissance (géographie, histoire, …). Le but ultime de cette démarche est de faire comprendre aux enfants, qu’en dehors de l’enceinte de l’école, la vie est la même, et que le respect est la garantie d’un bon fonctionnement de notre société, tout en respectant, bien évidemment, l’autorité établie.
    Il est possible de discuter sur ce sujet pendant des heures, que se soit, pour un titre de transport non valble, un controle d’identité, une bonne entente avec son voisinage,….
    C’est un des points de vue que je partage avec vous ainsi qu’avec l’UDF.