2002-2007

Majorité présidentielle

11 mai 2007 • Par

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Ma Déclaration lors de la Conférence de presse

 

Le deuxième tour de l’élection présidentielle et l’élection de Nicolas Sarkozy ont ouvert une période politique nouvelle. 

Depuis, je lis, j’entends beaucoup de choses, en particulier à propos de la prochaine échéance des élections législatives. Je fais donc cette déclaration pour donner quelques éléments d’explication sur la situation politique de la 7ème circonscription. 

Tout d’abord, qu’on soit clair : je ne renie rien de mon engagement centriste, et mon choix s’inscrit dans une démarche politique cohérente. 

J’assume, en effet, l’ensemble de mon action politique.   

J’assume, ainsi, mon action pendant cinq ans pour la circonscription : issu de l’UDF, j’ai été élu au centre droit en 2002, dans le cadre d’une alliance UDF-RPR-DL, et j’ai siégé au groupe Union pour la Majorité Présidentielle tant que l’UMP n’était pas un parti politique. 

J’ai agi, pendant cinq ans, avec tous ceux qui pouvaient faire avancer les choses pour notre agglomération, quelles que soient les étiquettes politiques : qu’il s ‘agisse des maires (indépendants, de droite ou de gauche) de la circonscription, ou au sein du gouvernement, du pôle social de Jean Louis Borloo (Jean Louis Borloo lui-même, Gérard Larcher, Catherine Vautrin, Marc Philippe Daubresse) et François Fillon au début du mandat.J’assume, également, mon engagement dans un groupe UDF indépendant à l’Assemblée Nationale, groupe qui a été capable de dire des choses fortes sur des mesures qui posaient problème, telles que l’ASS, ou le CPE. 

C’est vrai que j’ai eu des divergences avec la majorité, notamment avec le dernier gouvernement, qui a, par exemple, trop facilement usé d’ordonnances ou du 49.3 sur des sujets sensibles (tel que la législation du travail) qui méritaient, à mon sens, davantage de concertation (la loi a d’ailleurs évolué en ce sens, et je l’ai votée). 

Je rappelle d’ailleurs que même à l’UMP, les avis étaient plus que partagés sur l’action du gouvernement (qu’on se rappelle la rocambolesque affaire Clearstream, ou les avis partagés sur le CPE, la privatisation de Gaz de France). Pour mémoire, je n’ai à l’époque pas fait partie des députés UDF qui ont voté la motion de censure. 

J’assume, enfin, les 8 mois de campagne que nous venons de vivre derrière François Bayrou, au cours de laquelle nous avons eu de cesse de rappeler que nous n’avons pas besoin d’un pays divisé, avec des finances publiques plombées par la dette. 

Le 22 avril, François Bayrou ne s’est pas qualifié pour le deuxième tour. Le discours de rassemblement que nous avons eu, qui consistait à vouloir faire travailler ensemble et droite et gauche, a été approuvé par près de 7 millions d’électeurs : c’est beaucoup, mais pas suffisant pour qualifier cette alternative que nous souhaitions pour le second tour. 

A partir de là, en tant qu’élu, il m’a donc fallu choisir. Les députés étaient libres de faire leur choix. 

En fonction de ma sensibilité politique (UDF, de centre droit), de mon parcours (à la fois professionnel et comme élu local), des sujets qui m’ont semblé être prioritaires pour les années qui viennent (la réduction de la dette, le rétablissement des finances publiques, la relance de la croissance, le développement de l’emploi durable), j’ai décidé de voter pour Nicolas Sarkozy. 

C’était un choix de raison à partir du moment où le candidat que je soutenais au premier tour n’était plus présent. Le 30 avril, j’ai rendu mon intention de vote publique. 

Le 3 mai, François Bayrou quant à lui, a indiqué qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy. C’était un signe fort d’opposition au candidat de la droite. C’est là, en fin de compte, que les chemins commencent à diverger. 

Avec l’élection de Nicolas Sarkozy en effet, un nouveau paysage politique se dessine. 

François Bayrou a sa logique : il se positionne dans une attitude d’opposition à Nicolas Sarkozy,  avec l’ambition de capter l’électorat de gauche. C’est son choix, je le respecte, mais je ne me retrouve pas dans cette ligne politique nouvelle. 

Je me vois mal, en effet, dans une logique de renversement d’alliances  avec le PS, ce qui est indispensable si François Bayrou veut envoyer des députés de son mouvement à l’Assemblée Nationale. 

Nicolas Sarkozy est Président de la République. Il a la légitimité du suffrage universel. Les Français l’ont choisi largement. 

En ce qui me concerne, la suite logique à mon soutien au nouveau Président de la République est de faire partie de la majorité présidentielle. J’ai rencontré Nicolas Sarkozy qui me l’a lui-même confirmé. 

Il nous a assuré de sa volonté de rassemblement et d’ouverture. Le Président de la République souhaite une majorité qui trouve sa cohésion dans les propositions d’une plate-forme législative commune, mais également une majorité suffisamment diverse dans ses sensibilités, dans ses courants de pensée, pour représenter largement la diversité politique et sociale de notre société. 

A cette volonté clairement affirmée, je crois qu’il faut aujourd’hui donner sa chance, au regard du  choix sans ambiguïté effectué par les Français dimanche dernier. 

L’objectif aujourd’hui est bien de régler les difficultés auxquelles notre pays (et l’agglomération roubaisienne en particulier) est confronté, d’apporter des solutions aux problèmes des Français et pas de privilégier l’intérêt partisan. 

La participation des députés issus de l’UDF à la majorité présidentielle, elle ne se fera pas n’importe comment : il ne s’agit pas de renier notre identité de centre droit. 

Nous avons la garantie de pouvoir constituer demain, si nous sommes élus, un groupe centriste autonome à l’Assemblée Nationale, qui représentera le centre droit, qui fera partie de la majorité présidentielle et qui l’enrichira d’une sensibilité résolument sociale, européenne, humaniste. 

Je suis ainsi respecté dans mon identité de centriste. Hervé Morin, Président du groupe UDF à l’Assemblée Nationale, l’a encore assuré hier : il n’y a pas de pacte à signer, il y a seulement mais surtout, une plate-forme de gouvernement qui est en cours d’élaboration à laquelle nous participons, et qui doit énoncer le projet de rassemblement que mettra en œuvre la majorité présidentielle.  

Cette plate-forme reprendra les thèmes forts que nous avons défendus tels que la lutte contre les déficits budgétaires, la réduction de la dette, l’introduction de la proportionnelle aux élections législatives, la réforme des retraites, l’amélioration du pouvoir d’achat… 

Pour ma part et dans ce cadre, j’entends rester, si mes concitoyens me font confiance, le député présent sur le terrain, actif et à l’écoute que j’ai été pendant cinq ans. 

Je suis convaincu que notre agglomération a besoin d’un député actif et entendu à l’Assemblée Nationale, qui essaie d’améliorer, dans le cadre de la majorité présidentielle, les textes qui concernent directement les hommes et les femmes qui vivent dans cette agglomération. En résumé, je resterai un député au cœur des réalités. 

J’ai aujourd’hui, au bout de cinq ans, une expérience et un bilan qui ont montré ma capacité à obtenir des mesures concrètes pour l’agglomération, au delà des étiquettes politiques. 

Ce que je sais, c’est que demain, pour travailler correctement pour notre agglomération, nous aurons besoin de tout le monde, de toutes les énergies. C’est pourquoi je ne souhaite pas polémiquer sur les déclarations des uns et des autres, mais expliquer ma position, et la cohérence de mon engagement.