Regroupement familial et test ADN : le doigt dans l’engrenage.

Nous avons discuté ce matin en réunion de groupe Nouveau Centre, de l’amendement proposé par le député UMP Thierry Mariani au projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile. Cet amendement permet le recours à des tests ADN, dans le cadre de la procédure de regroupement familial, quand un doute existe sur la fiabilité des documents d’état civil présentés dans le pays d’émigration pour attester de la filiation. Les avis des parlementaires du groupe sont partagés. Pour les uns, il s’agit d’un droit nouveau, qui peut permettre de débloquer des situations humaines dramatiques, ou une personne immigrée installée en France ne parvient pas à faire venir son enfant dans notre pays, parce que les documents présentés ne suffisent pas pour établir avec certitude, aux yeux de notre administration consulaire, qu’il s’agit bien de son enfant ! Pour les autres, on met le doigt dans un engrenage : l’utilisation dans un cadre administratif, de tests ADN qui, s’ils sont utilisés dans un tel cadre restreint aujourd’hui, peuvent se banaliser demain, avec tout ce que cela comporte d’interrogations et de danger au regard des libertés individuelles. Qui plus est, que faire dans le cas d’enfants adoptés ? Faire supporter le coût de ce test au candidat au regroupement familial, n’est ce pas lui ajouter une barrière supplémentaire ? Je partage cette perplexité. Une proposition aux implications éthiques aussi importantes mérite un débat dans un cadre plus large, celui des lois bioéthiques par exemple, et non un examen à la va-vite au détour d’un amendement. Je n’interviens pas dans la discussion sur ce projet de loi. C’est le porte parole du groupe Nouveau Centre sur ce texte, Nicolas Perruchot, qui exprimera les réticences d’une bonne partie d’entre nous sur cette proposition, et sa position personnellement défavorable sur l’amendement qui nous est présenté. Pour ma part, j’y suis également défavorable.