Question posée lors de l’examen du budget de la mission « anciens combattants, mémoire et liens avec la nation

Je me réjouis de constater que ce budget consacre 3 millions d’euros à la création de la fondation en mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de la Tunisie qui découle d’un amendement que j’avais déposé lors de l’examen du projet de loi portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, amendement que le Gouvernement avait soutenu et notre Assemblée adopté en février 2005. Essentielle à la mémoire de cette période, non seulement parmi ses anciens protagonistes, mais aussi chez les jeunes générations et l’ensemble de nos compatriotes, la fondation devra permettre de faire la lumière sur l’histoire des rapatriés, des harkis et de tous ceux qui ont subi ces douloureux événements. Depuis 2005, j’ai demandé aux gouvernements successifs que son siège soit situé à Roubaix, dans le Nord-Pas-de-Calais, dont la communauté de rapatriés – essentiellement harkis –, forte de 17 000 membres, dont 12 000 dans l’agglomération roubaisienne, est la deuxième de France après celle de la région PACA. Ce choix aurait ainsi valeur de symbole, créant un axe Nord-Sud de la connaissance, de la reconnaissance et de la mémoire qui relierait à la nouvelle Fondation le Mémorial national de la France d’outre-mer destiné à voir le jour à Marseille. Mais je n’ai toujours pas obtenu de réponse.

Monsieur le secrétaire d’État, où et quand la Fondation sera-t-elle finalement créée ? Par quels moyens l’État prévoit-il d’en assurer le bon fonctionnement ? 

Réponse de M. Alain Marleix, secrétaire d’État

Vous l’avez dit, nous consacrons 3 millions à cette fondation, dont nous tenons toutefois à ce qu’elle demeure une source de concorde, et non de tensions, entre les nations et les communautés concernées, auxquelles elle doit permettre d’accéder à un travail historique sérieux et à une mémoire commune surtout à l’heure où le Président de la République entend faire de l’Union de la Méditerranée un objectif prioritaire de notre diplomatie. J’ajoute que les principales associations d’anciens combattants sont prêtes à apporter leur contribution au financement de la fondation ; les discussions en cours devraient permettre de réunir les 4 millions d’euros dont nous avons besoin au total, à condition qu’elles soient animées par le désir de construire une mémoire commune. Quant à la localisation, elle dépendra des statuts futurs de la fondation ; il m’est donc impossible de vous répondre aujourd’hui.