Plan banlieues : quelques réactions.

Rénover la politique de la ville, c’est l’ambition du Plan Espoir Banlieues dont les grandes lignes ont été présentées par Fadela AMARA, Secrétaire d’Etat à la Politique de la Ville, le 22 janvier dernier à Vaulx en Velin. La Secrétaire d’Etat a exprimé sa volonté d’une politique de la ville qui « colle à la France d’aujourd’hui, qui fasse de ses quartiers populaires une force », en concentrant l’effort de l’Etat et des collectivités, et en engageant dans la logique de la rénovation urbaine, une rénovation sociale des quartiers. Elle souhaite organiser cette nouvelle politique sur deux niveaux de territoires, avec une centaine de quartiers, les plus difficiles, où les moyens seront concentrés pour des actions de réparation et de suivi, l’action sur les autres quartiers étant davantage axée sur la prévention. Trois priorités sont retenues par la ministre : l’emploi, allié à la formation des jeunes et à la lutte contre les discriminations, la réussite éducative, et le désenclavement des quartiers. Ces orientations me semblent aller dans le bon sens, à quatre conditions : d’abord, réitérer la confiance de l’Etat dans l’action conjuguée des acteurs locaux de la politique de la ville, c’est à dire les maires et les associations. La volonté réaffirmée par la ministre de reconnaître l’implication forte du tandem « maire-Préfet », et l’objectif de sécuriser les financements des associations par le biais de conventions d’objectifs pluriannuels et des systèmes d’avances sur subvention, sont des aspects importants, dont je souhaite qu’ils trouvent une traduction concrète rapide. Par ailleurs, la Politique de la ville ne doit pas stigmatiser les quartiers qu’elle est censée aider. Les quartiers dits sensibles, qui sont d’abord et avant tout des quartiers populaires, ont toute leur place dans les villes, et dans les projets de développement globaux de celles-ci. J’approuve la volonté de Fadela AMARA de mettre plus de lisibilité dans la politique de la ville : il est nécessaire de mettre davantage de cohérence dans les politiques et périmètres des différents acteurs et financeurs (Etat, Villes, régions, Europe, intervenants sociaux, éducation nationale, etc…). Enfin, je tiens à ce que les crédits de la politique de la ville soient des crédits qui viennent bien en supplément des crédits de droit commun, et non des crédits qui viennent en remplacement de ces derniers. Pour que la politique de la ville, cela signifie bien agir plus et avec plus d’efficacité là où il y a le plus de difficultés.