Les dossiers sur lesquels Francis Vercamer entend bien être entendu au Palais-Bourbon

La Voix du Nord – Edition du samedi 4 octobre 2008

Dans notre jargon, on appelle ça « un marronnier » : quelque chose qui revient chaque année. Comme la conférence de presse de rentrée parlementaire du député de la 7e. L’occasion pour Francis Vercamer de revenir sur ses chevaux de bataille, la façon dont il a fait bouger les lignes et comment il entend continuer à le faire selon des convictions bien ancrées. PAR VIRGINIE BOULET - roubaix@lavoixdunord 

 >L’emploi : être e-ffi-cace !.– « L’agglo souffre en la matière », et Francis Vercamer se veut son porte-parole. En matière de service public de l’emploi, il s’enorgueillit d’avoir fait en sorte que l’ANPE soit partie prenante des parcours d’insertion sociale et professionnelle, milité pour l’abrogation du CNE, et surtout soutenu l’amendement faisant du CDI « la forme normale » du contrat de travail, ce qui permet en cas d’abus de CDD la requalification systématique en emploi pérenne. C’est également au député de la 7e qu’on doit l’amendement créant le profil de médiateur du service public de l’emploi, une personne qu’on pourra interpeller en cas de contestation d’une offre dite « raisonnable ». Cette idée avait séduit le haut commissaire Martin Hirsch, père du RSA (revenu de solidarité active), dont le maire d’Hem n’a de cesse de vanter les mérites : « Les gens ne s’en rendent pas vraiment compte, mais il induit une véritable révolution sociale ! Non seulement, les demandeurs d’emploi ne vont pas perdre leurs droits en reprenant un travail, mais en plus ils sont sûrs de toucher plus ». Reste le problème de son financement. « Malheureusement, il cache cette formidable avancée ». Pourtant, il y a des solutions, que le parlementaire examinera plus avant dans les prochains mois. Comme de mettre à contribution même très modestement les bénéficiaires du bouclier fiscal – en ça, l’élu du Nouveau centre s’éloigne de Nicolas Sarkozy –, de toucher tout aussi modestement aux niches fiscales. Autre dossier auquel le député sera particulièrement vigilant, celui de la formation professionnelle, et particulièrement le contrat de transition professionnelle pour les demandeurs d’emploi.

 > La santé : veiller à un traitement privilégié de l’agglo. – Francis Vercamer veut faire en sorte que le traitement inégalitaire de l’agglomération induit par le territoire de santé devienne une réalité. La future loi « patients-santé-territoire » devrait le rassurer. Il travaillera aussi pour obtenir que la nouvelle maternité soit effective avant 2012.

 >  Le logement : aller encore plus loin que la loi SRU. – L’obligation faite aux communes d’offrir 20 % de logements sociaux fait débat. Certains aimeraient que les efforts faits pour l’accession sociale à la propriété entrent dans ce pourcentage. Pour le parlementaire, « ça doit venir en plus, ou alors, s’intégrer mais à la condition qu’un pourcentage des 20 % concerne le logement pour les publics très défavorisés ».

 > Sécurité : revenir à 510 postes de policiers. – De 470 en 2002, les effectifs de police sont passés à 510 en 2007.
Mais ils sont redescendus aux chiffres d’il y a six ans. La faute à une circonscription unique de police sur Lille, selon l’élu. « Des agents sont à Roubaix sur le papier, mais dans les faits, ils sont au TGI ! », s’insurge le député. Son objectif : revenir à 510 en 2009. Autre cheval de bataille : la mise en place d’une unité de police de proximité à Roubaix. « On en a autant besoin que Lille-Sud ! » •

LES ÉCHOS

• « Non, Roubaix n’aura pas moins de DSU ! ».–
Dans une précédente édition, nous relations l’inquiétude de Roubaix par rapport à sa dotation de solidarité urbaine. Le parlementaire rectifie : « Roubaix n’aura pas moins, elle aura moins que ce qu’elle attendait, puisque l’augmentation n’est que de 2 % au lieu de 10 % ». Mais c’est à mettre en relation avec la progression de cette dotation entre 2004 et 2008 : elle est passée de 6 à 21 M E. Francis Vercamer regrette aussi que le maire de Roubaix n’ait pas précisé que si sa DSU baisse, en revanche, il touchera une dotation de développement urbain de 50 M E, pour financer des équipements, mais pas sur les secteurs en rénovation urbaine.• 
LMCU et Martine Aubry.– « Les contrats de territoire »: le bon point de la rentrée décerné par Francis Vercamer à la maire de Lille et à son homologue de Roubaix, qui a porté cette idée. En revanche, le parlementaire craint que « le grand stade ne plombe tout. Le boulot de LMCU, c’est d’abord la voirie et le transport ! ». •