Cohésion sociale et cohérence fiscale
Le débat est vif depuis quelques jours au sein de la majorité, et trouve bien des échos au delà de celle-ci. D’un côté ceux qui estiment que face à la crise et à ses effets dévastateurs sur l’emploi, il n’est pas interdit de solliciter davantage, même temporairement, les plus hauts revenus, pour participer à l’effort national de modernisation de notre pays. De l’autre ceux qui pensent que la stabilité fiscale est la première sécurité nécessaire au retour de la confiance des investisseurs, a fortiori lorsque la croissance est en panne. Et l’argument pèse évidemment de tout son poids, quand le gouvernement fait avec raison le choix de l’investissement pour accélérer les perspectives de la reprise. Le Président de la République précise qu’il n’a pas été élu pour augmenter les impôts. C’est exact. Les députés non plus d’ailleurs. Nous avons aussi tous été élus avant une crise que tout le monde s’accorde à qualifier de crise majeure, quasiment sans précédent hormis celle de 1929. Si les compteurs n’ont pas tous été remis à zéro, force est de constater que l’environnement économique a singulièrement changé. Sans se renier, la majorité doit donc pouvoir s’adapter. Je reste pour ma part attaché à la position du Nouveau Centre qui propose d’exclure du bouclier fiscal la CSG et la CRDS, de façon à ce que les revenus les plus élevés restent assujettis aux contributions de solidarité. Dans cette crise, les choix du gouvernement vont dans le bon sens. Il serait dommage que leurs effets soient estompés par le sentiment que ce sont toujours les mêmes, en particulier les classes moyennes, qui sont mis à contribution. Quand il faut, dans l’intérêt du pays, produire un effort pour que nos entreprises soient performantes face à leurs concurrents et puissent demain créer à nouveau des emplois, pour que les salariés et les demandeurs d’emplois soient mieux formés, il est indispensable que cet effort soit équitablement réparti et que chacun y apporte sa part. Ma conviction, c’est que l’effort fourni doit être juste. Et l’impératif de cohérence fiscale doit pouvoir se concilier avec l’exigence de cohésion sociale.