La rentrée du député Vercamer

NORD ECLAIR – Publié le vendredi 25 septembre 2009 -DELPHINE TONNERRE > delphine.tonnerre@nordeclair.fr

Le député Francis Vercamer (Nouveau centre) a ses thèmes de prédilection : le travail et la santé. Et son franc parler, notamment concernant la communauté urbaine…

 Communauté urbaine. Francis Vercamer déplore que cet établissement public de coopération intercommunal soit désormais géré avec « sectarisme et autoritarisme », pour reprendre ses termes : « Les grandes villes de la bonne couleur politique sont favorisées au détriment des autres ». Il ajoute : « je suis attaché à cet établissement qui a de bons techniciens mais j’estime que ça ne doit pas devenir un outil au service de la politique de Martine Aubry. » Des exemples de « mauvaise gestion » ? « L’économie ! On n’a pas d’interlocuteur, c’est une catastrophe ». Ou encore la Marque : « La rivière n’est même pas entretenue, on a un projet de valorisation du parc de la Marque depuis quatre ans, il n’est pas financé. » Il dénonce aussi le gaspillage du grand stade : « 30 000 places auraient largement suffi. 50 000 places, c’est trop, on va dépenser des sommes astronomiques ! ». Il va plus loin : « Pourquoi les Verts laissent faire ça alors qu’il y a bien d’autres choses à faire comme développer le métro, les bus et les pistes cyclables ? »

Mission travail. Francis Vercamer est le rapporteur de la mission travail au ministère des affaires sociales. Il travaille notamment sur l’épineux chantier de la santé au travail : « Les risques chimiques, les troubles musculo-squelettiques et les risques psycho-sociaux. » Un sujet sur lequel il a planché bien avant l’actualité des suicides France Télécom. Il s’est également attelé à la formation du salarié tout au long de sa vie.
Santé. Pas de date arrêtée pour la construction du pôle mère-enfant à l’hôpital de Roubaix mais « on m’assure au ministère que le dossier est au-dessus de la pile ». Francis Vercamer rappelle qu’il a obtenu l’an dernier 4 millions d’euros pour le budget de l’hôpital de Roubaix, en déficit et que l’obtention d’un « territoire de santé » pour le versant Nord-Est a aidé à réduire les inégalités. « La coopération entre les hôpitaux de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos est une bonne chose », se félicite-t-il.

Travail du dimanche. Il l’avoue, Francis Vercamer n’est pas un fan du travail du dimanche, mais il n’a pas apprécié qu’en communauté urbaine, on demande aux maires de ne pas permettre d’ouverture dominicale alors que « le texte n’était même pas terminé ». Le député de la 7e souhaite qu’on fasse confiance aux maires en bonne entente avec leurs commerçants : « Pourquoi à Halluin par exemple, on ne permettrait pas aux commerçants de travailler puisque à l’autre bout de la rue à Menin, tout est ouvert le dimanche ? » Il prend l’exemple du marché de Wazemmes : « Les commerçants travaillent déjà jusqu’à 16 h, on ne ferait que régulariser une situation existante. La loi avantagerait les salariés puisqu’ils seraient payés double. » Francis Vercamer se veut pragmatique : « Le plus grand Cora d’Europe va ouvrir en Belgique, à deux kilomètres de la frontière, les élus et les commerçants doivent pouvoir décider librement d’ouvrir ou pas. »

Police. Francis Vercamer est allé au ministère avec quelques maires et adjoints du secteur pour réclamer des effectifs supplémentaires pour la police. « L’expérience de la métropolisation ne marche pas : ça nous prive de moyens dont nous avons besoins ». Un exemple : « Si on appelle le 17 un dimanche, on peut patienter un quart d’heure : un seul policier décroche pour un territoire de 230 000 habitants, ce n’est pas normal. » Quant à la vidéo protection, il table gentiment ses voisins : « Je suis ravi que des mutations intellectuelles aient eu lieu : ceux qui ont combattu les caméras sont les premiers à en réclamer. Bien sûr ça ne règle pas tous les problèmes mais c’est un moyen efficace de dissuasion. »

Hadopi. Francis Vercamer a voté cette loi et il est « fier ». Il explique : « On ne peut pas soutenir l’exception française et tuer ceux qui la font. »

Journées parlementaires. Elles auront lieu lundi et mardi à Hem et Roubaix, et rassembleront une quarantaine d’élus (et une dizaine de membres du gouvernement). Pourquoi Roubaix ? « Parce que c’est la ville de l’innovation sociale, là où sont nées les allocations familiales, le logement social, les jardins familiaux. » Une quarantaine de parlementaires du Nouveau centre seront présents au Musée la Piscine et aux Clos de la Source, « deux lieux emblématiques de la transformation de ce secteur », sur les terres d’André Diligent, qui reste pour les centristes une figure morale.