2007-2012

François Fillon : « Donner une deuxième chance aux salariés de la VAD »

27 octobre 2009 • Par

François Fillon : « Donner une deuxième chance aux salariés de la VAD »
La Voix du Nord – MARC GROSCLAUDE – mardi 27.10.2009

À elle seule, la région concentre plus de 12 000 des 28 000 salariés de la VAD. PHOTOS CHRISTOPHE LEFEBVRE
Manuela est intérimaire chez Damart. Hier, lors de sa visite du centre logistique du fabricant du Thermolactyl, à Hem, François Fillon lui a serré la main. Sympathique, mais ce n’est pas ce qui va pérenniser son emploi. « Cela fait neuf ans que je suis intérimaire ici. Ce n’est pas évident de se faire embaucher. Avant, je travaillais dix mois sur douze, mais seulement trois cette année… » La visite du Premier ministre avait justement pour objectif de faire un point sur l’emploi dans la vente à distance. « La crise de ce secteur est assez emblématique des adaptations auxquelles notre économie est soumise », a-t-il rappelé lors d’une réunion, avec les partenaires sociaux du secteur. C’était l’occasion de faire le point sur la mise en oeuvre du Fonds d’investissement social, qui coordonne les mesures en faveur de l’emploi, mais aussi sur l’Accord de développement de l’emploi et des compétences dans la VAD de la région. « Les moyens que nous sommes en train de débloquer permettent d’accompagner 8 300 salariés. Dans ce secteur comme dans beaucoup d’autres, les techniques évoluent rapidement, les métiers de demain sont déjà là. » Les représentants du Syndicat de la vente à distance, dressant un portrait de la VAD en 2015, ont rappelé au Premier ministre la diversité de ce secteur, « entre la vente par correspondance classique et les nouveaux entrants d’Internet ». Au total, la région concentre plus de 12 000 des 28 000 salariés de la VAD, ce qui l’expose à plusieurs phénomènes : « 67 % des salariés ont une qualification au niveau ouvrier, 70 % sont des femmes pour une moyenne d’âge de 40 ans. » Pour passer le cap de la crise, des efforts en termes de formation sont indispensables.

Pompiers de service Pour autant, est-ce suffisant pour éviter l’hémorragie de l’emploi, peu perceptible d’un point de vue global, mais qui touche les acteurs historiques que sont par exemple, La Redoute ou 3Suisses ? La VAD a été la première à mettre en place un certificat de qualification professionnelle interbranche. Voir ses salariés travailler dans d’autres secteurs ? C’est une perspective, mais on n’y est pas encore. Pourtant, entreprises et représentants des salariés y travaillent et l’ont rappelé à François Fillon. Mais la réalité de l’emploi est différente, surtout dans le bassin roubaisien, « où nous ne voulons plus être les pompiers de service obligés de négocier face à des plans sociaux qu’on nous impose », a souligné Philippe Perrault, représentant régional de la CFDT. En somme, face à la révolution de leurs métiers, « il faut donner aux salariés une deuxième chance », a estimé le Premier ministre auquel, René Vandierendonck, maire de Roubaix et surtout vice-président de la Région, a tenté de faire comprendre qu’il faut aller plus loin. « Quand La Redoute supprime 672 postes, cela représente 15 salariés à Roubaix. Mais il y a aussi 400 intérimaires en moins, qui ne sont pris en compte par aucun dispositif. » Peut-on envisager, pour eux aussi, des mesures d’aide adaptées ? François Fillon a demandé à Laurent Wauquiez, son secrétaire d’État à l’Emploi qui était aussi du voyage, de se pencher sur la question. Maigre bilan pour une visite très convenue.