2007-2012

François Fillon prend la région en exemple

27 octobre 2009 • Par

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NORD ECLAIR – Publié le mardi 27 octobre 2009 à 06h00 – AGNÈS POIZOT ET MATHIEU HÉBERT

François Fillon a défendu hier son action contre la crise : soutien aux entreprises et accompagnement des salariés au chômage. Exemple à Hem dans la vente à distance. « Poussez-vous, on voit rien ! », lancent trois salariées. « Mais si, regarde là-bas ! Je viens de l’apercevoir, il est comme à la télé ! », s’exclame l’une d’elles. « Mieux encore », commente sa voisine. La venue du Premier ministre n’a décidément pas laissé indifférents les salariés de Damart.
D’autres en profitent pour faire passer des messages. « Dites bien qu’il y en a qui font 80 km par jour pour travailler ! », glisse Brigitte. À un visiteur qui fait remarquer que son boulot doit lui faire « de bons mollets », une ouvrière répond que « surtout, ça fatigue ». « Et bien je viens de serrer la main au Premier ministre. Mais quand il visite une entreprise, c’est qu’elle va fermer, non ? », s’inquiète Dominique. Damart ne va pas fermer. Si le cabinet du Premier ministre a choisi de visiter le centre logistique du célèbre vépéciste, c’est que le spécialiste des seniors se porte plutôt bien. L’activité 2008/2009 (503 M E de chiffre d’affaires, +3,2 % par rapport à l’exercice précédent) est dans le vert. Il y a quelques mois, l’entreprise nordiste inaugurait même une extension de 13 400 m² sur son site de Hem. Depuis quelques semaines, l’activité y est plus soutenue, comme chaque année à pareille période. On fait appel aux intérimaires pour travailler auprès des quelque 500 personnes du centre. C’est d’ici que partent chaque jour environ 30 000 colis à destination des 140 magasins ou des clients qui ont commandé à distance. Le marché des seniors croît et Damart y croit : en cinq ans, l’enseigne compte doubler le nombre de ses magasins en France (75 aujourd’hui), lancer de nouvelles marques et constituer son propre bureau de style à Roubaix.
« Nous, on est passé au travers de la crise »
Tout n’est pas rose pourtant. Certains salariés affirment que ces résultats ont été obtenus au prix d’une dégradation des conditions de travail. Plusieurs syndicats aimeraient que les bons résultats se traduisent par de meilleurs salaires. « Mais nous, on est passé à travers la crise », remarque un salarié de Hem, faisant allusion aux centaines de suppressions d’emplois prévues à La Redoute ou aux 3 Suisses, les grandes soeurs voisines de Roubaix et de Croix.
Pendant la visite, François Fillon tend la main, salue, écoute poliment les explications mais garde un oeil sur son entourage. Son service de protection garde un oeil sur lui et repousse les photographes. Ces derniers sollicitent les deux secrétaires d’État qui accompagnent le Premier ministre. Laurent Wauquiez (Emploi) sourit aux photographes. Valérie Létard (Développement durable) aussi.
Après Damart, direction l’hôtel de ville, où François Fillon a écouté élus locaux et partenaires sociaux (CFDT, FO, CGPME et Medef) évoquer les dispositifs d’accompagnement des salariés de la vente à distance qu’ils cogèrent (lire l’encadré ci-contre)). Ces formations, souligne Richard de Follin, président du Syndicat national de la VAD (SNVAD), doivent permettre aux entreprises d’« évoluer » : « Le nombre de vépécistes devrait au mieux se maintenir, voire diminuer légèrement », prédit-il.
Or « la population de ces entreprises est vieillissante et peu qualifiée, relève Philippe Grandguillaume (FO). Pour nous, cela montre le manque de formation dans le passé. Il ne faut plus reproduire ces erreurs ». « Former des salariés, c’est rendre l’entreprise compétitive », avance Philippe Perrault (CFDT). « Ces efforts existent, répond Patrick Brunier, délégué général du SNVAD. Nous consommons deux fois plus de crédits (de formation, ndlr) que nous en collectons. (…) Et nous soutenons des passerelles vers d’autres secteurs comme la logistique ou le textile ».
Soit. Les dispositifs existent. Mais, souligne René Vandierendonck, le maire de Roubaix, « les secousses sismiques » que représentent les plans en cours aux 3 Suisses et à La Redoute laissent nombre d’intérimaires sur le carreau. Les salariés peuvent frapper à la porte de Pôle emploi pour intégrer les programmes d’accompagnement. Les intérimaires non. « Comme l’État a su le faire pour l’automobile, qu’il veuille bien l’expérimenter ici ». Conscient que l’État est le principal financeur de la formation et de la reconversion professionnelles, René Vandierendonck, n’oublie pas de préciser : « Nous travaillons bien avec l’État ».
Des idées pour d’autres
François Fillon, qui a plus écouté que parlé, souhaite « voir comment on peut améliorer les choses ». « Impressionné par la qualité des relations nouées (entre partenaires sociaux et administrations, ndlr) », il note que les travaux réalisés dans le « laboratoire » régional « peuvent servir à d’autres ».