Economie Sociale et Solidaire : pour une économie de sens
A l’issue de la mission parlementaire que m’a confiée le Premier ministre en octobre dernier, j’ai remis aujourd’hui à Marc Philippe DAUBRESSE, Ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives et Laurent WAUQUIEZ, Secrétaire d’Etat à l’Emploi, mon rapport sur le développement de l’économie sociale et solidaire. Ce rapport vient conclure un travail de réflexion et d’élaboration de préconisations qui a duré 6 mois, et pour lequel j’ai souhaité associer très largement l’ensemble des acteurs de ce secteur intéressés par cette démarche. L’économie sociale et solidaire constitue un secteur économique dont l’activité est très ouverte et portée aux questions de solidarités et plus généralement aux enjeux de société. Elle est un pan de notre économie qui est très dynamique, créateur de richesses et ce faisant qui n’oublie pas d’être créateur d’emplois. C’est un secteur très présent dans notre économie, puisqu’il contribue à hauteur de 7 à 8% à la formation de notre PIB, qu’il représente 10% de l’emploi salarié, que la création d’emplois y est plus dynamique que dans le secteur privé (+ 2,6% en moyenne de 2001 à 2006 contre une augmentation de 1,1% dans le secteur privé). Trois grands constats peuvent être dressés : tout d’abord, et corollaire de la grande diversité de l’économie sociale et solidaire, une difficulté à appréhender l’ampleur du périmètre exact du secteur, qui se sent insuffisamment reconnu. Ensuite, une aspiration forte des acteurs de l’ESS à voir leurs spécificités et leurs préoccupations mieux prises en compte par les pouvoirs publics. Enfin, troisième constat, le secteur est riche d’atouts et de potentiels qu’il estime insuffisamment reconnus et sollicités. Face à ce constat, la mission a déterminé les axes d’une approche d’une politique globale de développement de l’ESS, à travers quatre grandes orientations générales qu’illustrent 50 propositions concrètes. Ces orientations visent en particulier à :
- favoriser une meilleure visibilité ainsi que la prise en compte des enjeux, en particulier européen, de l’économie sociale et solidaire,
- Permettre aux structures et entreprises de ce secteur d’accéder à des dispositifs de droit commun qui facilitent leur croissance,
- Promouvoir une politique active d’aide et d’accompagnement qui tienne compte des spécificités de ce secteur,
- Mieux prendre en compte le secteur de l’économie sociale dans l’élaboration des politiques publiques.
Les 50 propositions que vous trouverez dans le rapport visent à donner une impulsion nouvelle au développement de l’économie sociale et solidaire et dessinent les contours d’une politique globale qui permette aux acteurs de l’ESS de prendre toute leur place dans l’économie nationale. Ce rapport n’est qu’une étape dans un processus d’élaboration de cette politique qui me paraît essentielle, et qui, j’insiste sur ce point, doit être élaborée en partenariat avec les acteurs de ce secteur. Laurent Wauquiez s’est engagé à réunir rapidement le Conseil supérieur de l’économie sociale pour travailler sur ces propositions, et d’apporter des réponses concrètes pour aider celles et ceux qui sont convaincus de pouvoir entreprendre autrement pour la croissance et la création d’emploi.
