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Dur rythme

14 mars 2013 • Par

Depuis plusieurs décennies, l’école est au cœur des préoccupations de tous ceux qui œuvrent dans « l’intérêt de l’enfant ». Du ministre de l’éducation jusqu’au professionnels de santé en passant par les enseignants et leurs représentants, chacun apporte sa pierre à l’édifice. Chaque législature, voire chaque ministre, a porté sa réforme de l’école. Est-ce pour laisser sa marque dans l’histoire, pour satisfaire un électorat ou dans « l’intérêt de l’enfant » ? Je ne sais pas. Mais  ce que je sais, c’est qu’à chaque fois, la réforme proposée a été décriée, combattue, voire retirée !

Cette fois, plusieurs réformes sont en cours. Il y  a la loi sur la refondation qui n’a de refondation que le nom, puisque les véritables sujets ont été éludés. Enseignement technique, illettrisme, orientation professionnelle, déscolarisation, adaptation à l’évolution de notre société, par exemple en sont absents. Mais il y a surtout les fameux rythmes scolaires. Un rapport parlementaire souhaité par le précédent gouvernement, voté à l’unanimité de la mission d’information pluraliste, des rapports d’experts, des avis des professionnels de santé ont tous dit la même chose : la semaine scolaire est trop dense et les vacances trop longues.

On aurait pu penser que le décret modifiant les rythmes scolaires passe sans accroc. Pourtant, non seulement la réduction des vacances scolaires est absente du texte, mais la méthode, à la hussarde, utilisée par le ministre a eu comme conséquence une levée de bouclier (éducatif, mais aussi financier) des syndicats d’enseignants, des collectivités locales et des parents d’élèves.

Pourtant la promesse n°38 du candidat Hollande n’a pris personne au dépourvu. Une grande partie des enseignants, si j’en crois les analyses du scrutin présidentiel, ont préféré l’actuel président de la République. Si ces nouveaux rythmes sont proposés avec un peu de souplesse, ils sont surtout la traduction des multiples rapports cités précédemment. Il faut décharger les journées de cours des élèves, étendre la semaine à 4.5 jours et offrir des activités sportives ou culturelles.

Le premier problème, c’est le transfert de coût vers les collectivités locales qui financent les temps libérés par l’école…sans certitude de financement pérenne par la CAF et avec des dotations d’Etat en baisse. Le second problème, c’est la diminution du week end, si les cours ont lieu le samedi matin comme le préconisent de nombreux experts et l’académie de médecine. Le troisième problème, c’est la désorganisation du monde associatif, si les cours ont lieu le mercredi matin comme le souhaite le décret ministériel, sauf dérogation. Le quatrième problème, c’est la demi-journée de travail supplémentaire pour les enseignants sans augmentation de rémunération.

Alors, la promesse du candidat était elle pertinente ? « L’intérêt de l’enfant » est-il prioritaire ? Les collectivités sont-elles encore au service des citoyens ?

En ce qui concerne la ville de Hem, j’ai considéré que si l’unanimité s’était faite autour des préconisations parlementaires et académique, nous devions entamer une véritable réflexion pour son application dès la rentrée scolaire 2013.

Ou la réforme est bonne pour l’enfant et son application doit être immédiate…ou elle ne l’est pas et on ne l’applique pas. Le report à 2014, sauf impossibilité technique, n’est pas la solution, surtout, avec une négociation en période électorale !

Nous avons lancé de nombreuses concertations, sans parti pris, ouvertes, accompagnées par un spécialiste, ancien directeur de l’académie de Paris et ancien inspecteur d’académie du Nord.

Questionnaire aux parents d’élèves du public et du privé, questionnaire aux enseignants des mêmes écoles, questionnaire aux associations partenaires (sportives, culturelles, éducatives, etc…), réunions de concertation avec les enseignants, les élus du conseil municipal, les parents, les associations, convocation des conseils d’école sur le sujet,  débats en caisse des écoles et au conseil municipal sur les rythmes et, surtout, le projet éducatif territorial qui les accompagne, voilà le menu de la maturation du projet durant les mois de mars et d’avril afin de mettre en place les meilleurs outils dans nos écoles hémoises.

Je ne comprends pas pourquoi les grandes villes, si promptes à donner des leçons aux autres, ne se lancent pas dans cette aventure, certes délicate, mais enthousiasmante pour l’avenir de nos enfants. J’ai l’impression que cette réforme bouscule leur quotidien. A Hem, quand il s’agit d’améliorer l’environnement, le cadre de vie, l’éducation et le bien-être de nos habitants, on est toujours en avance. A Hem, on donne du rythme à nos projets!