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Halte aux symboles

27 août 2014 • Par

Un nouveau gouvernement vient d’être nommé sous la responsabilité de Manuel Valls.  Après les sempiternelles explications sur les symboles voulus, espérés ou redoutés par les uns ou par les autres, il est indispensable de se demander quelle politique va mener ce nouveau gouvernement et sur quelle majorité, il peut s’appuyer. Il est temps de quitter cette habitude franco-française qui s’attache plus aux symboles qu’aux réalités que vivent les Français. Depuis la démission du premier gouvernement Valls, les médias nous rabâchent les oreilles de la parité, de l’âge, de l’origine des ministres, de leurs amitiés. Comme si la capacité à faire était secondaire. Je peux reconnaitre à Manuel Valls d’avoir essayé de construire un gouvernement un peu plus cohérent et solidaire autour de la ligne politique qu’il veut poursuivre. La compétence des ministres sera, bien sûr, à démontrer, mais le plus important, c’est que ceux-ci sachent porter un projet qui réponde aux préoccupations des français, sans se laisser influencer par l’entourage habituel de ceux qui vivent leur carrière dans les ministères. La deuxième équation est celle de la majorité. Le parti socialiste, épine dorsale de celle-ci, est divisé. Il est vrai que la campagne législative des socialistes portait un projet très différent de celui que porte le premier ministre. Dans notre 5eme république plusieurs fois réformée, le quinquennat a considérablement renforcé le rôle politique, déjà central, du Président de la République. Qu’on le veuille ou pas. Le régime est devenu présidentiel. Soit la majorité se soumet à la nouvelle ligne politique du Président, soit elle sera démise par une dissolution. Il ne faut pas la souhaiter, même si c’est ce qui se profile si la fronde socialiste ose aller au bout de sa logique. Il ne faut pas la souhaiter, car ajouter une crise politique à une crise économique et une crise sociétale, telles que nous les vivons, nous amènera à un chaos encore plus grand. Je suis un démocrate et un républicain. Le peuple a donné un mandat au Président de la République, je ne suis certainement pas en accord avec ses choix, mais il en a la légitimité même si manifestement, une grande partie de ses électeurs se sent désormais flouée. Comme depuis le début de cette législature, je ferai partie d’une opposition constructive, car ce qui m’importe, c’est la santé de notre pays et l’avenir de nos concitoyens.