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Sécurité sociale : une nouvelle occasion manquée

26 novembre 2014 • Par

L’Assemblée Nationale a achevé l’examen, en deuxième lecture, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015. Un texte que je travaille, comme chaque année, en qualité de porte-parole du groupe UDI. Le troisième projet de loi de financement de la sécurité sociale du quinquennat se sera révélé conforme aux précédents : une succession de mesures qui oscillent entre occasions perdues et rendez-vous manqués. Rendez-vous manqués avec l’équilibre budgétaire, avec l’engagement de réformes de structure, avec une organisation rationnelle de l’offre de soins et de la carte hospitalière… rendez-vous manqués avec la confiance des professionnels de santé et, au final, de bon nombre d’acteurs du dialogue social littéralement « soufflés » par la méthode expéditive employée par le gouvernement pour remettre en cause, par souci d’économie budgétaire, un pilier fondamental de notre politique familiale : l’universalité des allocations.

A l’heure où le gouvernement confirme son incapacité à redresser les comptes sociaux, le groupe UDI estime que trois chantiers majeurs restent à engager : diversifier les sources de financement de notre protection sociale pour qu’elles pèsent moins sur le travail, entamer l’extinction progressive des régimes spéciaux de retraite et de protection sociale, mieux organiser l’offre de soins en développant l’articulation entre l’hôpital et la médecine de ville, en construisant des complémentarités plus étroites entre établissements de santé, en favorisant le développement de la chirurgie ambulatoire et en luttant plus efficacement contre les déserts médicaux.

La nouvelle majorité UDI-UMP au Sénat, avait, sur certains de ces points majeurs, accompli des avancées et fait adopter des propositions que le groupe UDI avait d’abord défendu à l’Assemblée nationale. Le gouvernement s’est empressé cette semaine, en deuxième lecture à l’Assemblée, de réduire ces dispositions à néant pour revenir à un texte sans portée majeure et sans économies significatives, hormis celles pratiquées sur le dos des familles. Je regrette d’autant plus cette attitude fermée du gouvernement, si peu à la hauteur des enjeux, qu’à l’inverse j’ai moi-même approuvé, avec d’autres députés de l’opposition, la suppression des franchises médicales pour les personnes titulaires de l’aide à la complémentaire santé, c’est-à-dire les personnes les plus modestes, pour qui les franchises médicales, loin d’être une mesure de responsabilisation, risquent avant tout de se révéler un obstacle à l’accès aux soins. Ainsi, quand l’opposition sait faire preuve d’ouverture sur des sujets majeurs, le gouvernement s’enferme dans ses certitudes, sans convaincre le plus grand nombre.

La santé est une préoccupation quotidienne pour 83% de nos concitoyens. 71% d’entre eux estimaient l’année dernière que l’argent public consacré chaque année à la politique de  protection sociale et à la santé est utilisé de manière inefficace. Ce PLFSS pour 2015, nouvelle occasion manquée pour notre protection sociale, ne dissipera pas leurs doutes.

Intervention FV DG

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