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REPUBLIQUE

9 janvier 2015 • Par

Nous sommes des millions de Français consternés face à l’horreur de l’attentat commis à Paris le 7 janvier, contre un organe de presse symbole de l’esprit de liberté, d’insolence et de dérision : Charlie Hebdo. C’est d’une véritable exécution dont ont été victimes dessinateurs, journalistes, membres des forces de police et tous ceux qui ont perdu la vie au cours de ce drame. A travers eux, c’est nous tous qui sommes visés, parce que c’est une valeur fondamentale de notre société qui est la cible : la liberté. La liberté d’écrire, de penser, de s’exprimer. La liberté, aussi, de croire ou de ne pas croire et d’être critiqué pour l’un comme pour l’autre de ces choix. La liberté inscrite dans la devise de notre République. C’est nous tous qui nous sentons touchés, parce que ce crime a été commis par des fanatiques en raison de ce que nous sommes : des citoyens qui ne répondent pas à des mots d’ordre les yeux fermés, mais obéissent à leurs convictions, et qui construisent celles-ci par le débat, la confrontation des idées dans ce cadre si précieux qu’est une démocratie. L’ampleur et la dignité de la réponse apportée, de façon spontanée, par nos concitoyens à travers tout notre pays, dans les grandes villes et les communes plus modestes, depuis deux jours, soulignent la profondeur de l’indignation de chacun d’entre nous et la force de notre résolution à rester ce que nous sommes. La solidarité qui nous est témoignée au delà de nos frontières, en Europe et dans le monde, nous démontre que nous ne sommes pas seuls et nous conforte dans notre détermination. Notre responsabilité, aujourd’hui, est de continuer à faire vivre cet esprit de liberté qui nous permet de nous dépasser dans notre quotidien d’hommes et de femmes, cette volonté d’égalité qui nous confère à chacun les mêmes droits et devoirs, cette aspiration à la fraternité qui nous rassemble au-delà des différences, des croyances et contre les amalgames, dans la fragilité et la dignité de  notre condition humaine. Chacun de nous, à ce tournant de notre histoire, est en effet porteur et responsable d’une part de cet idéal que nous avons tous en commun : la République.