Actualités, Interventions à l'assemblée, Mon action parlementaire

Transition énergétique : un manque de réalisme

4 juin 2015 • Par

Avec plusieurs de mes collègues députés centristes, j’ai voté contre le projet de loi relatif à la transition énergétique. Les enjeux sont pourtant considérables, alors que notre facture énergétique s’élève à près de 69 milliards d’euros. Le groupe UDI n’a d’ailleurs jamais cessé de demander au Gouvernement une loi ambitieuse et réaliste, pour enfin mettre la France sur la route de l’indispensable transition énergétique. Certes, le texte présente des objectifs ambitieux en termes de réduction de la consommation énergétique sur notre territoire, et met en place certains outils législatifs pour réduire l’impact de l’activité humaine sur l’environnement, mais son élaboration est totalement déconnectée des réalités du terrain.

C’est notamment le cas concernant les mesures prises en matière de rénovation thermique, d’énergies renouvelables, de lutte contre la précarité énergétique mais aussi de développement des infrastructures de transport durable. Si je soutiens une politique environnementale et énergétique ambitieuse, je pense qu’il n’est plus possible de faire peser des contraintes supplémentaires sur les ménages et les entreprises. Dès lors, certaines dispositions prises sur la rénovation énergétique des bâtiments ou encore sur la construction de bornes de recharge risquent de freiner la construction de bâtiments ou encore la prise de décision d’engager certains travaux.

Par ailleurs, ce projet de loi me semble principalement se focaliser sur le « tout électrique » alors que d’autres énergies alternatives pourraient être développées. Je rappelle que nous ne sommes pas dans une transition électrique mais bien dans une transition énergétique.

De plus, le texte prévoit de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% à l’horizon 2025. Cet objectif ne tient pas suffisamment compte de la capacité de notre économie à se reposer massivement sur les énergies renouvelables, et ne prévoit aucune garantie concernant le type d’énergie auquel notre pays aura recours en compensation, laissant ainsi le champ libre à l’usage d’énergies fortement émettrices de gaz à effet de serre, le charbon notamment.

Le Groupe UDI avait ainsi soutenu dans les débats un amendement afin de lier la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité à une montée en puissance des énergies renouvelables et au respect d’un prix raisonnable de l’électricité pour les consommateurs. Cet amendement a malheureusement été rejeté par le gouvernement et sa majorité. Si on souligne que le projet de loi semble avoir complètement passé sous silence la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim avant 2017, qui était pourtant une promesse emblématique de campagne du candidat socialiste, faut-il en conclure que les engagements pris aujourd’hui sur la réduction de la part du nucléaire sont tout aussi assurés d’être tenus ?

A quelques semaines du lancement de la COP21 en France, ce projet de loi est un premier signal qui est loin d’être rassurant. A cette occasion en effet, la France et l’Union européenne doivent à nouveau montrer leur implication et afficher des ambitions fortes. Cela passe notamment par un projet de loi bien plus ambitieux et bien plus pragmatique, raisonnable et capable tant de répondre aux enjeux de la transition énergétique que de préserver et renforcer la compétitivité de notre pays. L’heure n’est plus aux mesurettes.