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La Loi de programmation militaire, une vision à court terme

12 juin 2015 • Par

La loi de programmation militaire pour les années 2014 à 2019 a été publiée le 19 décembre 2013. Le groupe UDI s’était alors opposé à cette loi en raison de certains manquements, notamment la suppression de 23 000 postes. Son actualisation était prévue avant la fin de l’année 2015. Toutefois, à la suite des attentats de janvier, le Président de la République a décidé de placer au plus haut niveau le plan Vigipirate. Il a également convenu qu’il fallait maintenir un niveau d’effectifs pour la mobilisation de nos armées dans le cadre de ce plan autour de 10 000 hommes.
Il était donc urgent d’allouer des crédits supplémentaires à la Défense, afin d’éviter un défaut de paiement avant l’été. Le maintien de 18 500 postes était tout autant nécessaire pour que la France soit en mesure non seulement de continuer son engagement dans le monde mais également de protéger nos concitoyens face à une menace terroriste qui n’a jamais été aussi élevée.
Les 3,8 milliards d’euros annoncés d’ici 2019 ne seront toutefois pas en mesure de maintenir notre outil de défense à son niveau actuel, en particulier de couvrir les opérations extérieures en cours. En aucun cas, la France n’est en mesure de redevenir la puissance globale et mondialisée qu’elle est censée être.
Face à ce constat, le groupe UDI a formulé certaines propositions en matière de politique de Défense, dont certains ont été adoptées lors de l’examen en séance publique à l’Assemblée. Nous avons ainsi permis l’adoption de plusieurs amendements visant à encourager nos partenaires européens à travailler à la création d’une Académie européenne du renseignement et à encourager les programmes industriels européens dans un logique d’autonomie stratégique Nous avons aussi défendu des propositions cherchant à engager un débat avec les Etats membres de l’Union européenne sur la possibilité de créer un pôle de défense européens à Strasbourg ainsi qu’un quartier général militaire européen au Mont Valérien, dans le but de regrouper et d’intégrer la formation de militaires des Etats membres.
Toutefois, on ne peut que regretter une fois de plus l’absence totale de cap ainsi qu’une vision à court terme, devenue malheureusement une marque de fabrique de notre politique de Défense. Les hommes et les femmes qui combattent sous notre drapeau doivent disposer des moyens nécessaires pour assumer leurs missions dans de bonnes conditions. Or, nous nous interrogeons sur les moyens consacrés aux matériels, ils sont certes significatifs mais ne seront certainement pas à la hauteur.
C’est pour ces raisons que le mardi 9 juin je me suis abstenu de voter le projet de loi de programmation militaire pour les années 2015-2019.