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Comment devient-on pauvre et pourquoi le reste-on ?

12 février 2018 • Par

J’ai participé vendredi à une rencontre de l’Agence de développement et d’urbanisme de Lille Métropole qui présentait les résultats d’une étude sur la pauvreté.

Cette étude, intitulée « la pauvreté : trajectoires individuelles et logiques sociales » a permis d’aborder cet enjeu par une approche à la fois quantitative et qualitative, et ce dans le but de ne pas se contenter de la simple analyse de données, mais de pouvoir tracer des perspectives d’action concrètes et complètes.

IMG_3485Une approche statistique a permis d’identifier les facteurs d’entrée et de maintien dans la pauvreté et de relever l’aggravation massive de la pauvreté dans des territoires déjà fragiles que sont la Métropole Lilloise, le Bassin minier, l’Artois et le Dunkerquois. L’importance de la pauvreté dans le Versant Nord Est est en particulier liée aux crises économiques et à la disparition, au fil de celles-ci, de pans entiers de l’activité industrielle. Elle est aussi liée à un taux de chômage élevé (1,8 fois supérieur à la moyenne nationale) et toujours en hausse, le taux de pauvreté élevé s’explique aussi par le faible taux d’activité des femmes.


Une enquête de terrain a également été menée pour approcher des trajectoires de vie de personnes en situation de pauvreté qui ont bien voulu témoigner. Elle a permis d’identifier les phénomènes ou mécanismes de basculement dans la pauvreté souvent liés à des parcours de vie influencés par les ruptures et déracinements : perte d’un emploi, changement de situation familiale, maladie, difficulté d’accéder à un logement, décrochage scolaire, période de début de retraite…

Il est notamment sorti de l’étude et des débats que le travail est un élément clé dans l’entrée ou le maintien dans la pauvreté. Ce n’est pas une découverte mais cela conforte l’idée selon laquelle le principal levier de lutte contre la pauvreté réside dans la construction d’une réelle égalité des chances à obtenir un emploi. Cela passe évidemment d’une part par l’éducation, l’orientation et la professionnalisation et à ce titre je serai très attentif à la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage, chantier actuellement à l’agenda du gouvernement. Mais  par ailleurs, il faut aussi explorer de nouvelles modalités de retour à l’emploi pour les personnes qui en sont le plus éloignées: c’est le but de l’expérimentation menée actuellement dans le cadre de l’opération « territoires zéro chômeur » qui réaffecte les dépenses liées au chômage de longue durée, à la création d’emplois et à l’insertion professionnelle.

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